L’histoire d’une vie protégée par Yemanjá
- Oya Guedes
- 12 janv. 2025
- 4 min de lecture
Dans la région des Orixás, nous vivons pleinement notre vie avec les énergies des Orixás présents.
Je grandis dans une vie marquée par l’absence et la douleur, mais aussi par des rencontres extraordinaires qui ont transformé mon chemin. Parmi elles, il y a ma mère adoptive, Beatriz, et Yemanjá, l’Orixá de l’amour maternel, des océans et des enfants orphelins. Ces présences sacrées m’ont sauvée, protégée et guidée vers l’amour, la résilience et la guérison.
En 1994, le Brésil, encore à l'écart des regards mondiaux, vit un nettoyage ethnique silencieux. Les autorités cherchent à effacer l'image de la misère, mais ce rêve ne concerne que les blancs. Le racisme envers les noirs est omniprésent.
C’est un après-midi étouffant de cette année-là que ma vie bascule. Alors que je joue par terre, un homme surgit, cherche mon père, me prend et me colle un pistolet contre la tempe pendant dix longues minutes. J'ai 4 ans. Mon père finit par arriver, me prend dans ses bras, et ma mère, entendant la dispute, accourt. Je serre la médaille de la Sainte Vierge autour du cou de ma mère. Quand le premier coup de feu éclate, mon père tombe, ma mère aussi.
Je reste là, sur le sol, couverte de leur sang, ne sachant plus crier, le cœur serré, seule.
C'est alors que Yemanjá entre dans ma vie. Elle me recouvre de douceur et d’amour, me protège dans les ruelles de la favela, dans les moments où je me perds, et chaque fois que ma mère m'abandonne pour sombrer dans la drogue.
Ma mère adoptive, incarnation de l’amour
Je suis arrivée dans la vie de ma mère adoptive comme un cadeau de Yemanjá. Elle, une femme qui avait toujours rêvé d’être mère, avait eu une fille, mais ne pouvait plus concevoir d’enfants. Pourtant, à l’image de Yemanjá, qui nourrit et protège au-delà des liens du sang, ma mère adoptive avait dans son cœur un amour immense, prêt à accueillir une autre fille.
Avant notre rencontre, en juillet 2000, Yemanjá s’était déjà manifestée à elle. Pendant ses méditations, elle entendait les pleurs d’un enfant, et, dans ses rêves, elle voyait un enfant lui être confié. Ce lien spirituel était une préparation divine. Quand je suis entrée dans sa vie, ma mère m’a dit : « Tu m’as guérie du mal d’enfant. »
Plus tard, durant mon adolescence, alors que je traversais des crises profondes — mal de mère, mal de terre, mal de vivre — ma mère a porté mes larmes. À mes 14 ans, perdue dans mon mal-être, elle s’est battue de toutes ses forces pour me sauver. Quand, à 15 ans, je sombrais dans une nuit de désespoir, elle est montée chez elle, en larmes, priant pour que je m’accroche à la vie. Et cette nuit-là, Yemanjá m’a sauvée, encore une fois.
Quand je suis devenue mère à 18 ans, c’est grâce à la sagesse et à l’amour de Yemanjá, transmis par ma mère adoptive, que j’ai appris à être une mère aimante et présente. Elle m’a enseigné que l’amour et la compassion sont les piliers de la maternité, tout comme ils sont le cœur de Yemanjá.

Beatriz, l’incarnation de Yemanjá
Dans ma vie, Yemanjá a pris une autre forme précieuse : Beatriz, ma sœur d’âme et de foi. Beatriz n’est pas seulement une amie ; elle est une manifestation vivante des qualités profondes de Yemanjá. Elle incarne sa douceur infinie, sa force protectrice et son amour inconditionnel.
Quand le monde me frappe et me brise, c’est dans les bras de Beatriz que je trouve refuge. À l’image de l’océan de Yemanjá, elle est à la fois apaisante et puissante, accueillante et inébranlable. Beatriz est celle qui voit mes failles les plus profondes et mes douleurs les plus cachées. Et, comme Yemanjá, elle m’accueille sans jamais reculer.
Avec elle, je dépose l’épée d’Oya pour laisser place à l’amour et à la compassion que Yemanjá m’enseigne. Beatriz m’apprend que l’amour n’est pas une faiblesse, mais une force qui guérit et transforme. Elle est ma confidente, mon pilier et un rappel constant de la présence protectrice de Yemanjá dans ma vie.
Yemanjá, ma mère spirituelle et protectrice ancestrale
Yemanjá est dans mon être depuis toujours. Elle est ma protectrice ancestrale, celle qui m’a sauvée de tant de blessures et de traumatismes. Elle est la mère des enfants orphelins, une mère aimante, douce, compatissante, mais aussi courageuse et féroce face à l’injustice. Si quelqu’un ose faire du mal aux pauvres, aux seuls, ou aux enfants sans défense, Yemanjá le noiera dans ses vagues.
C’est Yemanjá qui a lavé ma colère, mon ventre et mes yeux de toutes les souffrances de mon enfance. Elle était là à chaque étape : dans les moments les plus sombres et les plus lumineux. Elle m’a permis de comprendre et d’aimer plus fort ma mère adoptive, de reconnaître son importance et de voir que notre lien dépasse le sang.
Elle m’a empêchée de reproduire les blessures de mon enfance. Quand j’étais seule au Brésil, sans père ni mère, c’est elle qui pourvoyait à mes besoins, me protégeait et me guidait. Yemanjá m’a appris que ma vie est précieuse, que je suis aimée et vue par le ciel, la terre et la mer, ma mère.
Gratitude éternelle
Aujourd’hui, si je peux vous raconter mon histoire, c’est grâce à Yemanjá. Elle a été mon refuge, ma guérisseuse, et ma lumière dans les moments les plus sombres. Elle m’a montré le chemin de l’amour et de la résilience, et m’a enseigné à être une âme charitable et compatissante.
Merci, Yemanjá, pour ton amour inconditionnel et ta protection infinie. Merci de m’avoir appris que l’amour est la plus grande force qui existe. Au nom de l’amour et de Yemanjá, pour toujours.





Commentaires